Syndrome grippal

INFECTIOLOGIE
16/12/2018
Introduction

En période épidémique, tout syndrome grippal est une grippe jusqu’à preuve du contraire. Il ne faut pas sous-estimer les formes graves possibles (terrain à risque, signes de surinfection bactérienne, grippe maligne).

ARM
2. déterminer le niveau de priorité de l'appel initial

P1 : mauvaise tolérance respiratoire (dyspnée) ou neurologique (somnolence), éruption cutanée ne disparaissant pas à la vitropression.

P2 : fièvre, asthénie, courbatures, céphalées.

3. chercher à savoir

Début des symptômes, recours récent à un MG, vie en collectivité, retour de voyage dans les 15j (préciser le pays).

4. conseiller en attendant la régulation médicale et l'arrivée des secours

(sans objet)

5. adapter la décision si l’appel ne peut être régulé immédiatement

Engagement immédiat d’un moyen secouriste équipé d’un défibrillateur et d’oxygène si mauvaise tolérance respiratoire et/ou neurologique.

Médecin régulateur
Régulation
1. éléments d’analyse et critères de gravité

● signes de gravité : détresse respiratoire vraie ; encéphalopathie ; signe de choc ; purpura non pétéchial ; fièvre au retour de pays exposé (paludisme ou agent pathogène émergent) ; surinfection bactérienne et/ou pneumopathie virale (grippe maligne) ; terrain à risque : cardiopathies, pathologies respiratoires chroniques, immuno-dépression, diabète, obésité, grossesse.

● pièges : en contexte épidémique, ne pas méconnaître la possibilité de méningite bactérienne ou de sepsis sévère ; diagnostic parfois difficile chez l’enfant avec symptômes atypiques.

2. déterminer le niveau d’urgence

R1 : en cas de détresse vitale ou de purpura fulminans.

R2 : évaluation médicale ambulatoire si possible mais ne devant pas retarder une éventuelle hospitalisation si patient avec terrain à risque et/ou mauvaise tolérance clinique.

R3 : dans la plupart des cas, notamment au-delà de 48h d’évolution sans amélioration par les traitements symptomatiques.

R4 : symptômes récents et bien tolérés sans terrain à risque (individuel ou entourage).

3. conseils médicaux

Prise de paracétamol si besoin, mesures d’hygiène pour prévention de la transmission.

4. niveau de soins attendu et bilan par le premier effecteur

Paramètres vitaux, température.

5. mise en condition et bilan par le SMUR

Pas de particularité.

Orientation du patient

Prise en charge à domicile dans la majorité des cas.

SU ou réanimation médicale si signes de gravité.

Suivi de la régulation médicale

Port de protection si suspicion d’agent pathogène, masque chirurgical pour le patient.

Eventuelle alerte des autorités sanitaires en cas de regroupement inhabituel de syndromes grippaux en collectivité de personnes à risques.

Adaptation de la décision

Cf. la fiche Procédures dégradées générales

SU en l’absence de traitement ambulatoire possible.

Lorsqu’un cas possible d’agent pathogène émergent est identifié en régulation, le médecin régulateur doit chercher à savoir si le cas est probable, en s’appuyant sur l’avis de l’ARS.

Aide au raisonnement

La vaccination antigrippale ne protège que partiellement des infections à virus grippaux saisonniers : son efficacité, variable en fonction des années, atteint 60% au maximum.